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Gérard DUCAROUGE

Gérard DUCAROUGE est depuis Septembre 2007 Président d'Honneur du Club Lotus France. Largement impliqué dans la renaissance du Team Lotus de F1 après le décès de son fondateur Colin Chapman fin 1982, Gérard est à l'origine de plusieurs Lotus glorieuses dont les plus reconnues furent pilotées par Ayrton Senna, Elio de Angelis, Nigel Mansell ou Nelson Piquet.

Le Club Lotus France est très honoré par le soutien de Gérard, concepteur de génie comme l'était à son époque Colin Chapman.

 

Voici un bref historique de sa carrière :

Ingénieur diplômé de l’ESTA (Ecole Supérieure des Techniques Aéronautiques), Gérard Ducarouge entre directement chez Matra en 1966. Il collabore alors aux projets de développement des divers châssis de voitures de sport à partir de la MS620 de 1966. Gérard continue son implication en Sport Prototype jusqu’à la conception des glorieuses Matra MS670 qui remporteront Le Mans en 1972, 1973 et 1974, ainsi que le championnat du monde des marques en 1973 (devant Ferrari) et 1974.

Matra arrête ses activités en sport automobile l’année suivante, et revend son équipe à Guy Ligier. Gérard suit ce mouvement et après avoir contribué aux projets Ligier JS2 pour Le Mans et le tour de France auto, il est le principal instigateur technique de la venue de Ligier en F1 en 1976. Il conçoit ainsi la fameuse Ligier JS5 à moteur Matra V12 et prise d’air « cheminée » si caractéristique, ainsi que toutes les F1 Ligier jusqu’en 1981. Cette période faste verra ses voitures briller à de nombreuses reprises, Jacques Laffitte faisant notamment figure de Champion du Monde potentiel en 1979, avec la première Ligier à effet de sol et moteur Ford Cosworth.

Gérard quitte l’écurie française à la mi-saison 1981 suite à un différent avec son mentor Guy Ligier pour rejoindre Alfa-Roméo. Il développe alors l’Alfa 179 et dessine ensuite les formule 1 Alfa 182 atmosphérique et 183 turbo pour la saison 1982.

Les premiers contacts avec Lotus datent de cette époque. En effet Colin Chapman avait pris quelques distances avec les programmes en F1 de Lotus suite à ses déconvenues avec la FIA consécutives à l’affaire des Lotus 88 à double châssis. Chapman voyait en Gérard Ducarouge un ingénieur talentueux qui pourrait relancer la compétitivité de son Team, et l’avait approché à maintes reprises. Jabby Crombac a notamment conté dans Sport Auto comment Chapman avait été jusqu’à lui faire visiter son « futur bureau », contigu au sien dans le château de Ketteringham Hall, le siège du Team Lotus d’alors. L’intérêt est d’autant plus grand que Lotus signe un contrat avec Renault pour la fourniture de moteurs Turbo dès la saison 1983.

Mais Colin Chapman n’aura pas le bonheur de voir se réaliser son rêve, suite à son décès en Décembre 1982.

Gérard Ducarouge est encore embarqué avec Autodelta début 1983, mais les châssis Alfa-Roméo sont désormais conçus sous la férule de Paolo Pavanello Euroracing, et Gérard décide en début de saison d’accepter la proposition de Lotus.

Il rejoint un Team en déroute, démoralisé par la disparition de son guide spirituel et par les résultats très décevants de la Lotus 93T à moteur Renault Turbo – trop lourde et trop complexe – et par la Lotus 92 à moteur Cosworth et suspensions actives – trop « actives » et pas au point au goût de Nigel Mansell !

Gérard Ducarouge lance alors le Team Lotus dans une opération commando qui permettra à l’équipe de sortir une nouvelle voiture en 5 semaines seulement, sur la base d’un châssis de Lotus 91 sur lequel sera greffé le moteur Renault Turbo. Le résultat - la Lotus 94T - fait des débuts très pro-metteurs lors du GP de Grande-Bretagne, et s’avère compé-titif jusqu’en fin de saison malgré des pneus Pirelli moins performants que les Good Year de la concurrence. Pour Gérard, la victoire de l’année consiste à avoir mobilisé les énergies et redonné un moral de vainqueur à la grande équipe anglaise. Dès lors, la machine à succès est à nouveau en marche chez Lotus, et l’année suivante, la Lotus 95T conçue entièrement par Gérard est de l’avis de tous le meilleur châssis de l’année. Mais la fiabilité du package – et parfois des pilotes – n’est pas au même niveau, et l’année se termine avec de nombreuses places d’honneur, deux pole positions mais sans victoire. Elio de Angelis est troisième du championnat du monde des pilotes et Team Lotus également 3ème du championnat pour marques. Dès 1985, un élément déterminant vient renforcer l’équipe qui engage Ayrton Senna. Gérard Ducarouge s’entend bien avec le Brésilien qui voit en lui un ingénieur capable de concevoir une voiture pouvant l’amener à son premier titre de champion du monde. Gérard conçoit la 97T pour 1985 puis la 98T pour 1986 comme des évolutions raisonnées de la 95T à moteur Renault Turbo. Ces voitures s’affichent comme des réussites qui projettent Lotus au premier rang, et Ayrton Senna commence une série impressionnante de pole position, mettant à profit les qualités du châssis comme la puissance incroyable des moteurs Renault de qualification dont la puissance culminera aux alentours de 1400 chevaux ! En course, Ayrton fait retrouver au Team Lotus le chemin de la victoire dès le GP du Portugal 1985 disputé sous la pluie et qui le verra dominer ses adversaires de la tête et des épaules.

l’opposition n’est pas en reste et tant Williams-Honda que TAG-McLaren sont imbattables ces deux saisons.

Pour 1987, l’association du Team Lotus avec Camel lui donne des moyens plus puissants pour porter Ayrton vers le titre suprême, d’autant que Lotus est désormais allié de Honda, qui produit le meilleur moteur du plateau après le retrait de Renault. Gérard Ducarouge compte également sur la fameuse suspension active pour faire la différence avec ses adversaires. La Lotus 99T est effectivement très compétitive, et permet à Ayrton de l’emporter successivement à Monaco puis Detroit. Au lendemain de ces courses, Ayrton mène au classement du championnat devant Prost. Mais la seconde demi saison sera moins favorable, et le titre s’échappe, et avec lui « Magic » qui ira trouver la gloire chez McLaren dès l’année suivante.

Gérard reste une saison de plus chez Lotus et conçoit la Lotus 100T au moteur Honda Turbo bridé par le règlement. Nelson Piquet, le champion du Monde sortant, remplace Ayrton Senna dans le cockpit de la Lotus numéro 12 à défaut de le remplacer dans les cœurs. Mais sa motivation est émoussée, et Lotus met au point une nouvelle soufflerie qui retarde le développement de l’aérodynamique de la voiture. La saison passe sans succès et Gérard ne résiste pas aux sirènes de l’appel de son pays d’origine, lorsque Larrousse F1 lui propose de prendre la direction technique de son écurie pour 1990. Larrousse utilise des châssis Lola et Gé-rard côtoie à cette occasion Chris Murphy, qui sera quelques années plus tard le concepteur des dernières Lotus de F1 types 107 et 109.

Gérard retourne enfin chez Ligier en 1991 et y restera jusqu’à la vente de l’écurie à Flavio Briatore mi-1994.

Il a collaboré depuis cette date avec Gildo Pastor qui a repris la marque Venturi. Gérard sera notamment le concepteur de la Venturi Fetish, ce roadster électrique mais néanmoins sportif, à coque carbone et prix démesuré qui n’aura pas de succès commercial, puis la Venturi GT, destinée à courir en GT3. Très performante, la voiture n’en reste pas moins un prototype qui n’a pas eu de lendemain en production.

Gérard a conservé de bons contacts avec Lotus, Clive et Hazel Chapman, et s’est rendu en 2004 à la célébration des 50 ans du Team Lotus à Hethel, où il a pu retrouver avec plaisir ses anciens compères dont Peter Warr et plusieurs des ingénieurs et mécaniciens de l’équipe.

Pour le Team Lotus, la période Ducarouge restera celle des derniers feux d’artifices et des dernières victoires. C’est tout à son honneur d’avoir su perpétuer la tradition d’innovations et de performance de Lotus en droite ligne de Colin Chapman.

Gérard Ducarouge par Clive Chapman

"Gerard is a clever man and a daring engineer; a lot like my father. Peter Warr did very well to attract Gerard to Team Lotus when he did.

Together the spirit of Team Lotus, Gerard's ideas and motivation and Ayrton's talents enabled Team Lotus to win after the death of my father; a fantastic achievement. Also Gerard knows all about 'joie de vive' and, at a time when F1 was still fun, the team was able to mix being the best with having the best time.

Looking back it was a great era."

 

Traduction en Français (par JPGP) :

"Gérard est un homme intelligent doublé d'un ingénieur audacieux, comme l'était mon père. Peter Warr a beaucoup fait pour que Gérard nous rejoigne au sein du Team Lotus.

Ce sont à la fois l'esprit du Team Lotus, les idées et la motivation de Gérard et le talent d'Ayrton Senna qui ont permis au Team Lotus de retrouver le chemin de la victoire après le décès de mon père, un fantastique accomplissement. Gérard connaît également la "joie de vivre" et, à une époque où la F1 était toujours un plaisir, le Team fut capable non seulement d'être le meilleur mais d'avoir également la meilleure ambiance.

A y repenser, c'était une époque formidable."

 

 

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