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Compétition Automobile : le Team Lotus

Lotus est né de la volonté de Colin Chapman d'appliquer à l'automobile ses théories novatrices en matière d'ingénierie des structures, des matériaux et des suspensions. C'est pourquoi dès ses premières productions en 1948, la compétition a été un fer de lance de sa créativité.

Le Team Lotus est la branche "compétition" du groupe Lotus, créée en 1957 pour matérialiser l'engagement officiel des Lotus d'usine en compétition, aux côtés des voitures des clients fournies et soutenues par la filiale Lotus Components.

de 1957 à 1994, Team Lotus a glanné d'innombrables trophées dont les plus marquants sont les suivants :

 

7 titres de Champion du Monde des constructeurs de Formule 1

 

6 titres de Champion du Monde des pilotes de Formule 1

 

79 victoires en Grand-Prix de Formule 1

 

1 victoire aux 500 Miles d'Indianapolis

 

1 titre de champion du monde des rallyes avec Talbot

Les principales étapes de la vie du Team Lotus sont résumées ci-dessous. Vous pourrez également consulter un descriptif année par année des résultats du Team Lotus en Formule 1 en suivant ce lien.

1955 - Lotus Mk IX au Mans

Le premier engagement significatif de Lotus en compétition internationale se fait aux 24 heures du Mans 1955, où Colin Chapman aligne une Lotus IX à moteur Climax dont l'aérodynamique fait merveille sur le circuit de la Sarthe.

1956-1958 - Lotus Eleven au Mans

La Lotus Eleven apporte ses premiers lauriers internationaux à Lotus lors des 24 heures du Mans. Lotus emporte haut la main sa classe avec ses Eleven légères et aérodynamiques.

1958 - Première course en Grand-Prix - Monaco

La Lotus 12 est en fait une F2, qui pour l'occasion est pilotée par Cliff Allison et Graham Hill. Malgré son handicap de puissance, Allison mènera la Lotus à la 6ème place finale. Bien que d'architecture classique avec son moteur longitudinal avant, la Lotus 12 présente déjà des originalités sorties du cerveau inventif de son créateur, avec une suspension arrière dite "essieu Chapman" d'un dessin simple, léger et efficace, et un châssis tubulaire très léger. Elle sera remplacée en cours de saison par la Lotus 16, une vraie F1 qui reprendra l'architecture de base de la 12.

Ces deux voitures, les seules monoplaces à moteur avant qu'ait construit Lotus, ne connurent que peu de succès au cours des saisons 1958 et 1959.

1959-1964 L'épopée des Lotus Elite Climax au Mans

De 1959 à 1964, la nouvelle Lotus Elite à coque auroporteuse en fibre de verre fait des malheurs dans la classe des petites cylindrées. Engagées directement par l'usine puis par plusieurs team privés dont le "Team Elite", les voitures bousculent la domination des voiturettes françaises.

1960 - Premières victoires en Grand-Prix

La Lotus 18 marque une évolution radicale pour Lotus. Equipée d'un moteur central arrière en suivant la voie montrée par Cooper, la voiture s'avère très compétitive.

Déjà le Team Lotus applique une règle qu'il suivra pendant de longues années, pour pouvoir financer les études de ses nouvelles F1 : vendre des voitures de course à de riches amateurs et les aider à concourir. Ainsi, à Monaco, Stirling Moss apporte sa première victoire en Grand-Prix à Lotus, au volant d'une Lotus 18 engagée par le team privé Rob Walker. Il récidivera aux GP des USA 1960 et l'année suivante à Monaco encore et en Allemagne avec la même voiture !

Lotus finit la saison à la 2ème place du palmarès des constructeurs de F1.

1961 - Première victoire du Team Lotus

C'est Innes Ireland qui l'emporte lors du dernier Grand-Prix de la saison, à Watkins Glen aux USA. Il ouvre ainsi un palmarès qui ne s'éteindra qu'avec Ayrton Senna, 25 ans plus tard !

La Lotus 21 a remplacé la 18, et adopte déjà la taille de guêpe qui caractérisera les Lotus pendant toutes les années 60.

Grâce aux deux victoires du Team Rob Walker, Lotus finit à nouveau la saison à la 2ème place du palmarès des constructeurs de F1.

1962 - Les prémisces de la gloire

1962 voit l'introduction d'une voiture qui fera date : la Lotus 25, première monocoque de l'histoire (ou plutôt devrait-on dire : châssis "baignoire", comme décrit par Chapman lui-même). La voiture s'avère exceptionnelle, et fait grincer les dents des nombreux clients de Lotus, qui doivent se contenter de Lotus 24, soeur jumelle de la 25 mais à châssis multitubulaire, bien moins en verve.

Un certain Jim Clark arrive également à maturité, et l'emporte 4 fois après être parti 6 fois de la pole position. Il ne doit qu'à la malchance de ne finir que second au championnat du monde, place qu'occupe également et pour la troisième année consécutive Lotus au championnat des marques.

1962 - La Lotus 23 bannie des 24 heures du Mans

Alors que la nouvelle Lotus 23 fait figure d'épouvantail dans la petite classe pour ces 24 heures du Mans, les officiels trouvent un prétexte technique pour refuser les voitures qui font de l'ombre aux constructeurs français. Chapman s'en va et ne revient plus jamais au Mans (Lotus reviendra en 1993 seulement).

1963 - Premiers titres

Après avoir fini la saison 1962 en fanfare, Lotus et Jim Clark balaient toute opposition en 1963. En 10 Grands-Prix, Clark part 7 fois de la pole position et l'emporte 7 fois.

Jim Clark est champion du monde des pilotes de F1

Lotus est champion du monde des constructeurs de F1

1964 voit l'apparition de la Lotus 33, évolution de la 25. Malgré un début de saison en fanfare, les chances de Clark et Lotus sont battues en brêche par une fiabilité défaillante.

Lotus et Clark 3ème de leur championnat respectif.

1963 - révolution à Indianapolis

Chapman est attiré par la grande course des 500 miles d'Indianapolis et ses dollars qui coulent à flot. D'autant plus qu'un voyage l'année précédente l'a convaincu que les Roadsters Américains à moteur avant ne sont que des dinosaures qu'une voiture bien conçue devrait balayer sans problème.

Avec l'aide de Dan Gurney, Chapman engage en 1963 la Lotus 29, évolution renforcée de la 25 et équipée d'un moteur V8 Ford en position centrale arrière. La voiture fait rire les engagés habituels, qui s'offusquent de la silhouette gracile de cette petite auto appelée la "funny car". Le rire s'arrête net quand les temps tombent, et que Clark s'empare d'une place en seconde ligne ! Et tout le monde s'étrangle lorsque les deux Lotus prennent la tête dès le 64ème tour.

Retardé par des ravitaillements très longs, Clark semble cependant avoir course gagnée lorsque la voiture de tête de Parnelli Jones perd visiblement de l'huile. Mais le drapeau noir qui doit invariablement être brandi en pareil cas pour disqualifier la voiture coupable n'est jamais sorti. Clark ne finira que second, mais Lotus aura marqué les esprits : la révolution est en marche à Indy...

1965 - Titre et consécration

Après une saison 1964 en demi-teinte, la Lotus 33 reprend les bonnes habitudes et aux mains de Clark, s'impose nettement : en 9 Grand-Prix, 6 victoires, 6 pôle position et 6 meilleurs tours pour le tandem Clark-Lotus !

Jim Clark est champion du monde des pilotes de F1

Lotus est champion du monde des constructeurs de F1

1965 - Victoire à Indy

L'expérience Indianapolis se poursuit pour Lotus. La Lotus 38 est présentée, et Lotus a corrigé tout les défauts constatés les années précédentes : moteur Ford désormais à 4 arbres à cames en tête, pneumatiques adaptés, organisation des ravitaillements revue, et toujours Jim Clark au volant.

Sur la piste, alors que deux ans auparavant, il n'y avait que quelques "funny cars" à moteur arrière au milieu des roadsters mastodontes, il n'y a désormais plus que des voitures à moteur arrière, et quelques roadsters antiques faisant l'effet de vieilleries : la première victoire de Lotus.

Jimmy mène toute la course, et l'emporte de plus de deux tours sur Parnelli Jones.

1966 - Année de transition

1966 voit l'introduction de la nouvelle F1 à 3 litres de cylindrée. Lotus s'allie à BRM pour pouvoir utiliser leur complexe moteur H16 (en fait, deux 8 à plat de 1500cc superposés et reliés). Ce moteur trop complexe ne sera jamais au point, et l'année est perdue. La Lotus 43 qui en est équipée lui donne sa seule victoire en GP.

1967 - La révolution du moteur porteur

Avant la fin de la saison 1966, Chapman parvient à convaincre le géant Ford d'associer son nom à la F1 en finançant la réalisation d'un moteur V8 moderne : ce sera le Ford Cosworth DFV, qui va marquer le monde de la F1 pendant près de 20 ans.

Prônant une meilleure intégration du moteur au châssis, Chapman intervient directement auprès de Keith Duckworth (le "worth" de Cosworth) pour que la résistance structurelle du moteur DFV puisse supporter les efforts de la suspension arrière.

Pour accueillir ce joyau, Lotus conçoit une nouvelle révolution : la Lotus 49. A  l'arrière de son châssis, le moteur Cosworth est boulonné directement, et supporte directement les suspensions arrière. On parle de moteur porteur, technique encore utilisée de nos jours.

La saison 1967 permet de mettre au point l'ensemble châssis-moteur, qui s'avère très rapide lorsqu'il atteint l'arrivée.

Lotus 2ème au championnat du monde des constructeurs de F1.

1968 - Tragédie et titre

1968 voit débuter la Lotus 49B, qui s'avère imbattable.

Le début de la saison est endeuillé par la mort de Jim Clark, lors d'une compétition anonyme de F2 à Hockenheim. Chapman est mortifié, et considère un instant la possibilité de tout arrêter.

La passion de la compétition prend le dessus, et la saison permet à Graham Hill, qui a repris le flambeau, de s'imposer lors de la dernière course de la saison.

1968, voit apparaître les carrosseries bariolées aux couleurs des sponsors : Lotus lance la mode en devenant le "Gold Leaf Team Lotus", avec des voitures désormais rouge, blanches et or.

1968 marque également l'apparition des gigantesques ailerons sur les F1. A l'instigation de Lotus, ces éléments agissent directement sur les porte moyeux, et sont donc mobiles pour suivre les mouvements de suspension. Une configuration qui entraîne nombre de casses et de sorties de routes spectaculaires...

Graham Hill championdu monde des pilotes de F1

Gold Leaf Team Lotus champion du monde des constructeurs de F1

1969 Tergiversations autour de 4 roues motrices

1969, c'est l'année des 4 roues motrices. Cosworth, Matra, Lotus, tout le monde s'y met. Depuis la réduction de la taille des ailerons, le maître mot est de retrouver de la motricité.

La Lotus 63, la version sortie de l'imagination de Colin Chapman, n'est pas la plus laide. Mais la saison ne démontrera qu'une chose : le concept des 4 roues motrices n'est pas adaptée à la F1. Des pneus plus généreux suffisent à régler le problème, sans le poids et la complexité des 4 RM.

A courir deux lièvres à la fois, la saison 1969 est perdue, avec une Lotus 49B pourtant au sommet de sa forme.

1970 - Titre... posthume

1970 voit pour le Team Lotus l'arrivée d'une voiture qui fera date, sans doute la plus emblématique de toute la carrière du Team Lotus : la Lotus 72.

Comme la 25 et la 49, elle fait vieillir d'un coup toutes les autres F1 d'un coup, avec ses formes en coin si caractéristiques, ses radiateurs latéraux, ses suepsnions à barres de torsion et ses freins "in-board".

Malgré une mise au point difficile à ses débuts, elle survole la concurrence en milieu de saison, jusqu'à ce funeste Grand-Prix d'Italie à Monza qui voit le leader de l'écurie Jochen Rindt périr broyé dans sa voiture désemparée.

Un jeune débutant du nom d'Emerson Fittipaldi relève le défi en fin de saison et sa première victoire au volant de la Lotus 72 assure le titre suprême à Rindt.

Jochen Rindt championdu monde des pilotes de F1 (à titre posthume)

Lotus champion du monde des constructeurs de F1

1971 - ça turbine chez Lotus !

Deux ans auparavant, Lotus avait déjà tenté l'expérience de concevoir une voiture mue par une turbine Pratt & Whitney pour les 500 miles d'Indianapolis. La Lotus 56 qui en était équipée était performante dans certaines conditions mais ne connut pas le succès.

Elle réapparût à peine modifiée en F1 sous la forme de la Lotus 56B, et connut encore moins de succès. En fin de saison, il était clair qu'il valait bien mieux se concentrer sur la très performante Lotus 72 !

1972 - JPS Team Lotus couronné

C'est en 1972 qu'apparaissent pour la première fois les fameuses couleurs noir et or du cigarettier John Player Special pour orner la carrosserie des Lotus 72, qui entamment là leur 3ème saison.

Emerson Fittipaldi est parvenu à maturité, et le championnat lui est acquis après 5 victoires sur 12 Grand-Prix.

Emerson Fittipaldi championdu monde des pilotes de F1

JPS Team Lotus champion du monde des constructeurs de F1

1973 - Les frères ennemis

Le bouillant Ronnie Peterson est engagé aux côtés du champion en titre Emerson Fittipaldi pour la saison 1973. La Lotus 72, alors en évolution "D" puis "E", est toujours aussi dominatrice. Mais pour la première fois, Lotus dispose de deux pilotes capables de s'imposer. Il se partagent les pole position, victoires et records du tour : Emerson est l'homme du début de saison avec 3 victoires, Ronnie celui de la fin de saison avec 4 premières places. C'est un Jackie Stewart plus régulier qui est finalement titré, mais Lotus ceint la couronne de champion, loin devant l'opposition.

JPS Team Lotus champion du monde des constructeurs de F1

Pour Lotus, 1973 marque également la fin du premier âge d'or. La remplaçante de la Lotus 72 pour 1974, la Lotus 76, est un échec cuisant, et Lotus doit encore s'appuyer sur des 72 désormais vieillissantes pour deux longues années de disette.

1977 - La révolution de l'effet de sol

Après les années noires 1974 et 1975, la Lotus 77 de 1976 marque un premier renouveau, mais c'est l'année suivante que Colin Chapman révolutionne à nouveau la face de la F1.

La Lotus 78 qui est présentée est en effet dotée de pontons latéraux en forme d'aile inversée, destinés à plaquer la voiture au sol sans crééer de trainée aérodynamique. Le concept est révolutionnaire et très efficace.

Lotus et son pilote de pointe Mario Andretti ne ratent le titre qu'à cause d'une fiabilité aléatoire.

1978 - Dernier titre

La concurrence n'a que partiellement compris l'intérêt de l'effet de sol généré par la carrosserie déportante de la Lotus 78. Surnommée "la beauté noire", la Lotus 79 qui lui succède enfonce le clou : dotée de jupes mobiles qui comblent l'espace situé entre les pontons et la route, c'est un véritable tunnel aérodynamique qui plaque la voiture au sol.

La Lotus 79 survole littéralement la saison, avec Andretti et Peterson au volant. Le grand-Prix d'Italie sera malheureusement endeuillé par la mort de ce dernier, ombre qui ternira un parcours triomphal de Lotus et Mario Andretti.

Mario Andretti championdu monde des pilotes de F1

JPS Team Lotus champion du monde des constructeurs de F1

1981 - Lotus 88 : la révolution de trop

La Lotus 80 qui succède à la 79 est trop complexe et son compromis aérodynamique ne fonctionne pas : Lotus s'est fait rattraper par une opposition qui a mieux appliqué les leçons qu'il a lui même données.

Les années qui suivent sont celles des moteurs turbo, dont Lotus n'est pas équipé. Pour combler le déficit en puissance, Chapman conçoit une nouvelle révolution : la voiture à double châssis - la Lotus 88.

Ce concept qui sépare la fonction aérodynamique de la carrosserie de l'ensemble des composants embarqués (châssis, moteur et pilote) est sur le papier absolument génial. Mais l'opposition des grands constructeurs veille. Peu enclins à mettre à la poubelle tous leurs investissements pour suivre à nouveau la mode Lotus, ils font pression sur la FIA pour que la Lotus 88 soit bannie, malgré sa conformité à la lettre du règlement.

Chapman est mortifié, et décide de se détourner de cette F1 ingrate qui bride son esprit créatif.

1981 - Champion du Monde des Rallyes avec Talbot !

C'est grâce à Des O'Dell, patron du Chrysler Competition Center en 1979, que nait vraiment la Talbot Sunbeam Lotus. Il s'agit de construire une voiture capable de battre les invincibles Ford Escort dans le championnat du Monde des rallyes. Pour cela, il équipe la Sunbeam du moteur de la Lotus Esprit ! Deux ans plus tard, après être passé dans le giron de PSA et être devenue Talbot Sunbeam Lotus, O'Dell gagne son pari et Talbot-Lotus remporte le championnat du Monde des Rallyes grâce entre-autres à Guy Fréquelin, Jean Todt et Henri Toivonen.

1982 - Chapman décède subitement

Tout juste aura-t-il eu le plaisir de lancer une dernière fois sa casquette dans les airs pour saluer l'ultime victoire d'une flèche noire équipée du moteur Cosworth : la victoire de haute lutte de la Lotus 91 d'Elio de Angelis au GP d'Autriche, face à un Keke Rosberg médusé.

Alors qu'il s'efforce de mettre au point une dernière avancée technologique avec la suspension active (suspension hydraulique contrôlée par ordinateurs), Colin Chapman décède d'un infarctus dans la nuit du 16 Décembre 1982.

La F1 a perdu son génie créatif, et ne sera plus jamais la même.

1983 - Le début des années Ducarouge

Longtemps courtisé par Chapman pour venir le seconder, le français Gérard Ducarouge décide d'accepter de prendre la suite du Grand Homme à la tête du Team Lotus. Peter Warr assure fidèlement la Direction Sportive et Ducarouge a la Direction Technique.

La situation est critique, bien que Colin Chapman ait scellé avant sa mort un accord de fourniture de moteur pour équiper les Lotus du Renault V6 Turbo de grande lignée.

La première Lotus qui en est équipée, la Lotus 93T, est un brouillon à la tenue de route effrayante. Ducarouge forme une équipe de choc qui sort une version révisée et allégée en 5 semaines, à partir d'une coque plus étroite de Lotus 91 : ce sera la Lotus 94T, qui marque un progrès significatif en performances.

L'année suivante, la Lotus 95T est la première Lotus Ducarouge à 100%. Elle s'avère très performante, la meilleure F1 du lot selon beaucoup. Mais des pannes récurrentes, de voiture comme de cerveau chez les pilotes, anénantissent l'année.

1985-1987 - Senna, Senna, Senna

Peter Warr réussit à négocier l'arrivée dans le team d'un certain Ayrton Senna, qui a démontré des capacités hors du commun l'année précédente chez Toleman.

Gérard Ducarouge lui concocte une voiture à la mesure de son talent : la Lotus 97T Renault. Lotus renoue avec la victoire, 3 sur la saison, dont une de de Angelis. Mais la Lotus 97T est surtout une redoutable chasseuse de pole position, surtout équipée du moteur Renault EF04 "grenade", spécial qualifications. En 16 GP, Senna est le plus rapide 6 fois et de Angelis 1.

L'année suivante, la Lotus 98T poursuit sur la même lancée 8 pole positions et 2 victoires pour Senna.

En 1987, la voiture qui doit mener Ayrton à son premier titre est la nouvelle Lotus 99T, désormais équipée du moteur Honda Turbo et de la dernière évolution de la suspension active Lotus, désormais au point. Camel a remplacé JPS comme sponsor et les Lotus jaunes ont désormais les moyens de leurs ambitions. Las, malgré une saison brillante, Lotus et Senna ne finissent que 3ème de leurs championnats respectifs, Ayrton ne comptabilisant que 2 victoires.

Ayrton remportera pourtant la dernière victoire d'une Lotus en F1, à Detroit aux USA. La 79ème d'une longue lignée. Série à suivre ?

1988-1990 Déconfiture

3 années de disette malgré le support financier important de Camel.

1988 marque l'arrivée de Nelson Piquet, Champion du Monde en titre, pour remplacer un Ayrton Senna parti gagner son premier titre chez McLaren. L'année est décevante avec des Lotus 100T peu compétitives et un Piquet démotivé. Gérard Ducarouge qualifie cette saison "d'année de trop" et quitte Lotus.

C'est un Tony Rudd vieillissant qui prend la suite de Ducarouge, et dirige une équipe technique emmenée par Frank Dernie. En 1989, les turbo sont bannis et Lotus ne trouve que Judd pour équiper sa nouvelle Lotus 101. La voiture est fine et légère, mais sous motorisée. Piquet est définitivement démobilisé et Lotus s'enfonce dans les classements : les deux Lotus ne parviennent pas à se qualifier au GP de Belgique, une première dont le Team aurait bien voulu se passer !

C'est en 1990 que le Team Lotus touche le fond. Malgré un accord avec Lamborghini pour bénéficier de son puissant V12, la Lotus 102 n'a aucun succès. Le moteur est gourmand, fragile, et les pilotes Warwick et Donnely font chacun une sortie de route spectaculaire, qui mettra un terme à la carrière de ce dernier. Même l'écurie Larrousse, équipée du même moteur, termine régulièrement devant les Lotus.

En fin de saison, Camel retire son soutien financier qui n'aura eu aucun succès chez Lotus, et le Team est au bord du dépot de bilan.

1991 - Renaissance

Le Team Lotus sous sa forme historique, appelé en fait "Team Lotus International", est acculé à la faillite. Un accord est trouvé entre la famille Chapman et deux des acteurs historiques du Team : Peter Wright et Michael Collins, pour permettre la poursuite du programme sportif. Ils rachètent les voitures et le matériel de l'année précédente et forment "Team Lotus Limited", qui utilisera désormais le nom Team Lotus.

Exit le moteur Lamborghini, et retour du Judd. Le châssis 102 de l'ère Dernie est conservé et adapté au nouveau moteur. La Lotus 102B fruit de cette chirurgie est vierge de tout sponsor principal, mais va se couvrir de stickers variés tout au long de la saison.

Le Team Lotus embauche un jeune pilote prometteur : un certain Mika Häkkinen. Mika va faire des étincelles au volant de la Lotus, même si tout cela se finit bien souvent en abandon. Lotus cherche un second pilote fiable et va jusqu'à proposer quelques piges à Michael Bartels, qui réussit à ne jamais se qualifier en trois GP !

1991 est néanmoins une année d'espoir et de reconstruction pour le Team.

 

1992-1994 - Espoirs et déroute

Une nouvelle voiture est vitale pour assurer la pérénité du Team, ainsi que des sponsors solides.

L'un comme l'autre arriveront progressivement au cours de l'année 1992.

Lotus a désormais un accord avec Ford pour équiper ses voitures du moteur V10 HB, d'abord sur le châssis 102 "D", puis sur une toute nouvelle voiture : la Lotus 107. La voiture est très fine et son aérodynamique soignée lui confère un potentiel certain. Le manque de mise au point la pénalise cependant, les moyens manquant pour effectuer les séances de test nécessaires.

Côté sponsorship, ce sont d'abord Tamiya puis Hitachi qui soutiennent Lotus, bientôt rejoints par Castrol et une nuée de sponsors moins généreux dont l'addition permet à Lotus de développer correctement la voiture.

Mika Häkkinen est rejoint par Johnny Herbert pour une saison du renouveau. Lotus termine le championnat à la 5ème place.

en 1993, la 107 "B" reçoit à nouveau une suspension active. La voiture est inconstante, mais globalement assez rapide. Häkkinen est parti mais Herbert est resté, bientôt rejoint par Alessandro Zanardi.

Malgré les qualités démontrées par son châssis, Lotus ne peut faire mieux que 6ème au championnat.

En 1994, les Lotus troquent leur moteur Ford pour le V10 Mugen Honda. Le Mugen est d'abord monté sur une évolution de la 107 "C", puis sur une évolution plus radicale appelée Lotus 109. Il est puissant mais gourmand, lourd et encombrant. Qui plus est, les moyens de l'équipe stagnent malgré une inflation constante des besoins en tests et développement. Le résultat est une saison pitoyable, marquée par de nombreux abandons. Cherchant désespérément des moyens complémentaires, l'équipe fait appel à de nombreux pilotes payants : 4 au cours de la saison, en remplacement des titulaires Herbert et Zanardi.

Le dernier coup d'éclat de Lotus en F1 sera à mettre au crédit de Johnny Herbert, qui au volant de sa Lotus 109 se qualifie en seconde ligne au GP d'Italie. Las ! il est sorti à la première chicane par un certain Eddie Irvine, coutûmier du fait.

Fin 1994, "Team Lotus Limited" est acculé au dépot de bilan par ses fournisseurs impayés. On ne reverra plus de Lotus en F1.

1995 - Epilogue

En Janvier 1995, David Hunt (le frère de feu le Champion du Monde James Hunt) rachète les actifs du Team Lotus Limited, et fonde "Team Lotus Grand Prix Limited".

Fort de cette acquisition, qui lui vaut de pouvoir utiliser le nom et le logo du Team Lotus, il signe un partenariat avec l'écurie Pacific Grand-Prix pour que cette dernière coure en 1995 sous les couleurs de "Pacific Team Lotus".

De fait, une bande verte court le long des flancs des Pacific PR02 en 1995, et un logo rond Team Lotus orne les côtés de son nez.

Mais voilà, Pacific est un autre Team en déconfiture, qui disparaît de la scène de la F1 fin 1995.

1990-1995 - L'épopée des Lotus Esprit en SCCA et IMSA

Lotus USA décida de faire modifier des Lotus Esprit SE pour les aligner dans le championnat GT Américain SCCA nommé "SCCA Escort World Challenge Series".

La campagne fut victorieuse, puisqu'après de réels performances en 1990 et 1991, avec plusieurs victoires, le pilote Doc Bundy remportait le titre en 1992.

La voiture continua de courir plusieurs années durant dans les championnats SCCA et IMSA, avec des succès variant au gré des évolutions de règlement censées "équilibrer" les chances.

1993-1994 - La Lotus Esprit Sport 300 au Mans

Après une longue absence, Lotus revient officiellement au Mans (sous couvert de Team Chamberlain) avec deux Lotus Esprit Sport 300. En 1993 comme en 1994, les voitures connurent des fortunes diverses dans une configuration très proche de la série, mais ne parvinrent pas à rejoindre l'arrivée.

1995 - Lotus Esprit Sport 300 GT3

L'engagement des Lotus Esprit en championnat GT est repris par l'usine en direct en 1995, avec une voiture très évolués par rapport aux années précédentes. Engagée en GT3, elle s'avère très performante face aux supuissantes GT1 mais finit peu de courses.

1996 - Lotus Esprit V8 GT1

Lotus Sport passe à la catégorie reine du GT en 1996 en engageant une Lotus Esprit V8 bi-turbo dans le championnat BPR. La voiture est une véritable auto de course avec coque carbone. Elle s'avère très performante mais un ton en dessous et un peu esseulée face à l'armada de McLaren F1 pour beaucoup bien conduites et bien préparées. Le titre qui était l'objectif en début d'année est loin d'être atteint.

1997 - Lotus Elise GT1

Pour 1997, le championnat BPR devient officiel FIA, et Lotus prépare une arme redoutable : l'Elise GT1. Coque aluminium extrudé de l'Elise, renforcée d'un arceau tubulaire, carrosserie monstrueuse en carbone, la voiture fait figure d'épouvantail avec son V8 bi-turbo désormais éprouvé. Mais la FIA est effrayée par la venue officielle de Porsche avec sa Porsche GT1 Turbo. Un règlement de dernière minute pénalise très lourdement les moteurs compressés, au grand dam de Lotus et Porsche. Malgré le montage d'un V8 atmosphérique de Chevrolet Corvette ZR1, les Elise sont à nouveau dépassées par les McLaren.

Dernier engagement officiel de Lotus au Mans à date (abandon au milieu de la nuit).

Team Lotus, le retour ?

Maintes fois, des rumeurs de retour du Team Lotus en F1 ont été avancées. Par le rachat de Arrows, puis de Prost Grand-Prix. Certaines étaient plausibles, d'autres funestes.

Encore récemment, Proton a reconnu avoir des vélléités de F1, avec le soutien de Lotus, qui fait partie de son Groupe Industriel.

Quoiqu'il en soit, si un nouveau Team Lotus devait voir le jour, il n'aurait plus rien en commun avec l'oeuvre de Colin Chapman, si ce n'est son nom.

2006 - Lotus Sport Elise GT3

Lotus engage une Lotus Exige modifiée selon la règlementation GT3 lors du championnat GT3 Britanique. Première année et victoire absolue pour le Team Lotus Cadena. Les années suivantes seront moins heureuses, la Lotus étant par trop limitée par sa faible cylindrée face au gros cubes de tous les autres (Porsche, Aston Martin, Ferrari, Corvette, Saleen)

2006 - Goodwood Festival et "Soap-Box"

Lotus s'est depuis concentré sur la mise en place de championnats monomodèles utilisant des Elise, Exige et 2-Eleven en Europe.

Citons également la présence de Lotus au championnat des "caisses à savon" de Goodwood, dont Lotus a battu le record en 2004 avec la Lotus 119c , puis à nouveau en 2006 avec la même caisse à savon !

2009 - 1Malaysia & Lotus Team pour 2010

Le 15 septembre 2009, la FIA annonce que Lotus F1 Team a obtenu son inscription pour disputer le championnat du monde de Formule 1 2010 sous le nom 1Malaysia & Lotus Team. La nouvelle écurie de course avec l'aide du gouvernement malaisien et d'un consortium d'entreprises malaises regroupant notamment le constructeur automobile national Proton qui détient 80% de Lotus Cars,ainsi les propriétaires du Circuit international de Sepang et la compagnie aérienne AirAsia.

 

 

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