TALBOT

TALBOT

La Talbot Sunbeam Lotus est une éminente représentante de la petite famille des automobiles de série passées par les mains des sorciers de Lotus.

Sunbeam est une marque centenaire, qui connut de nombreux aléas au cours de son existence et sut plusieurs fois renaître de ses cendres.   La marque Sunbeam fut fondée en 1877 en Grande-Bretagne par un certain John Marston, qui se lança d’abord dans la fabrication de cycles, puis d’automobiles. D’emblée, les Sunbeam furent des voitures de luxe et à hautes performances. La marque devînt rapidement le principal concurrent de Bentley !   Tout au long de son existence, Sunbeam fut plusieurs fois liée à la marque Talbot. Une première fois en 1920 lorsque Sunbeam racheta la partie britannique de la Société Talbot-Darracq (la partie française basée à Suresnes fit sécession en 1935 pour donner naissance à Talbot-Lago). La crise de 1929 fut fatale au nouveau groupe Sunbeam-Talbot-Darracq et ses voitures de haut de gamme. L’ensemble fut racheté en 1935 par le groupe Rootes (marques Hillman et Humber), à la recherche de noblesse dans sa gamme plutôt classique et populaire. Ce rachat marqua la première mort de Sunbeam, qui disparut rapidement des catalogues, tant les cultures étaient différentes.   La renaissance survînt en 1938, à la création de la marque Sunbeam-Talbot, nom destiné à permettre de différencier les Talbot britanniques des Talbot-Lago françaises, qui n’avaient plus rien à voir. Cette renaissance fut même complète dès 1954, puisque les modèles reprirent alors simplement la marque Sunbeam, toujours au sein du groupe Rootes.   Les années 60 voient le groupe Rootes décliner, alors même que les Américains de Chrysler cherchent par tous les moyens à s’implanter en Europe. Ces derniers commencent par acquérir 35% de Simca en 1957 (et l’ex-usine Ford de Poissy qui va avec), participation qui passe à 66% en 1963. L’année suivante, Chrysler entre parallèlement dans le capital de Rootes à hauteur de 35%, puis en 1970, ils font le grand saut en rachetant 100% de Simca et de Rootes, qui deviennent respectivement Chrysler UK et Chrysler France.   Or dans le panier de mariage du nouveau groupe, on trouve non seulement Sunbeam et Talbot version UK (ex-Darracq), mais également Talbot-Lago, dont les droits avaient été acquis par Simca dès sa création : les deux branches jumelles de Talbot étaient à nouveau réunies,  35 ans après leur séparation, bien que le nom commercial Talbot ne soit plus utilisé sur aucune voiture ! Ce n’était que partie remise. En effet, le dernier avatar survint en 1978, lorsque le groupe Peugeot SA racheta les filiales européennes du groupe Chrysler. PSA chercha alors à créer une synergie entre toutes ces fabrications hétéroclites en les regroupant sous un seul et même nom. Une rapide analyse des marques « en portefeuille » aboutit au choix de « Talbot ». Ainsi, les Simca devinrent Talbot-Simca, les Matra des Talbot-Matra et les Sunbeam des Talbot-Sunbeam. Talbot eut même les honneurs de la F1, puisque les Ligier de l’époque devinrent des Talbot-Ligier !   Loin d’une résurrection, ce changement marqua le déclin fatal de Sunbeam, qui ne fabriquait plus à l’époque qu’un seul modèle. Rationalisation oblige, elle finit par disparaître en 1981, avec la fermeture définitive de l’usine de Linwood en Ecosse, où toutes les Sunbeam modernes étaient fabriquées. Comble de l’ironie, c’est également en 1981 que cette même marque emportait le Championnat du Monde des Rallyes « à titre posthume » en quelque sorte ! Talbot ne survécut pas très longtemps à Sunbeam, puisqu’en 1985, PSA décidait du recentrage autour des noms Peugeot et Citroën, lors du lancement de la Peugeot 309 (née Talbot Arizona dans les bureaux d’études). Une histoire se terminait (ou bien est-ce une nouvelle période d’hibernation). Pourquoi Sunbeam ? L’Histoire veut que l’épouse de John Marston, un ancien chromeur, fut émerveillée par la brillance de la laque qui recouvrait le premier vélo qu’il fabriqua, qui reflétait les rayons du soleil. D’où le nom de la marque : Sunbeam (rayon de soleil en anglais).